Comprendre la communication canine
Reconnaître les signaux de communication
L’importance du contexte
Pour savoir si Crockdur est à l’aise dans telle ou telle situation, on va observer ce qu’il dit avec son corps tout entier. J’insiste sur le corps entier, parce que regarder UN seul signal, donné par UNE seule partie du corps, n’est JAMAIS suffisant pour comprendre ce qu’il se passe !
Il est vraiment important de prendre en compte le contexte dans sa globalité pour se faire une idée de l’émotion vécue par ton chien. Par exemple, si tu observes ton chien bailler, cela peut être parce qu’il est mal à l’aise avec la situation qu’il est en train de vivre comme cela peut être lié à un simple besoin physiologique parce qu’il se réveille simplement de sa sieste !
Pour avoir une meilleure idée de ce qu’il est en train de vivre, je t'encourage à regarder ce qu’il se passe AVANT les signaux observés, PENDANT et APRÈS. Si ça se trouve, à un instant T Crockdur se trouve un peu mal à l’aise, mais quelques secondes ou minutes plus tard, c’est OK car la pression est retombée. En revanche, si juste après tu observes plusieurs autres signaux d’inconfort, c’est probablement le moment de l’aider à sortir de cette situation ! Il est aussi pertinent de se demander si la réaction et le comportement de Crockdur sont adaptés aux circonstances.
Le chien mal à l’aise : reconnaître les signaux
Voici quelques signaux d’apaisement que tu retrouveras chez la plupart des chiots et chiens. Il est à noter que chaque chien ne produira pas TOUS ces signaux. Chaque chien a également ses propres signaux préférés.
Le chien à l’aise : les bons signaux
À l’inverse, quand ton chiot est à l’aise, tu pourras noter également une multitude de signaux ou postures corporelles qui indiquent que Crockdur est à l’aise.
La communication canine entre congénères
Les chiens ne naissent pas bons communicants
Communiquer est une compétence sociale. Elle comprend une part d’inné et d’acquis, et les signaux de communication sont une sorte d’alphabet canin. Prenons l’exemple d’un enfant qui apprend à parler : il va arriver à faire des sons naturellement mais si personne ne le guide, il y a fort à parier qu’il ne dise jamais de « vrais mots ». C’est exactement la même chose pour le chien.
Il est important d’avoir ce paramètre en tête afin de ne pas laisser ton chiot entrer en contact avec tous les chiens qu’il rencontre, au risque pour lui de faire de mauvaises expériences avec des chiens qui ne s’expriment pas bien.
Alors évite les éducateurs, les écoles du chiots ou les clubs qui vous proposent des « récrés » où on ne t’apprend pas à reconnaître les 4 C ni à superviser les interactions !
Les 4 C
Pour être sûr(e) de bien lire les interactions canines, je te propose de les observer sous le prisme des 4C :
CONSENTEMENT
Méta-signaux : mouvements bondissant, présenter leur fesses, fesses en l’air, gueule semi ouverte, muscle relâchée (semblable à l’apparence d’un grand sourire maladroit).
Avec les méta-signaux , le chien informe à l’autre chien que ce qui suit est bien du jeu.
Quand il les utilise ?
Commencer le jeu
Continuer le jeu
Reprendre le jeu
CHANGEMENT
Exit les courses poursuites qui durent plusieurs minutes. Changer d'activité est important. C'est ce qui rend les pauses primordiales ! Le consentement doit de nouveau être demandé une fois la pause terminée. Précision toutefois : tous les chiens n'aiment pas changer de rôle. Certains adorent être le « chassé » et d'autres le « chasseur ». Ce n'est pas gênant tant que le consentement est demandé et qu'il y a des pauses régulières pour vérifier que la communication est respectueuse.
COMMUNICATION
Certains chiens préfèrent tenir un certain rôle en fonction de l’activité à laquelle il joue (être poursuivi, ou être le chasseur – être en haut ou en bas, etc.). Ce qui est important, si les chiens ne changent pas de rôle, c’est que les méta-signaux soient présents.
Dans cette vidéo, Kazu (la croisée husky) laisse Tily (la whippet) gagner, et parfois c’est elle qui gagne.
COOPÉRATION
Sois vigilant(e) sur les rapports poids/tailles. Un chien plus gros ou plus vif que l'autre doit adapter sa manière de jouer en conséquence. Il n'est pas normal de voir des chiens se prendre des coups violents, être projetés au sol ou passer leur échange sur le dos, envahis par leur congénère bourré de force et brutal. De la même manière, il n'est pas normal de voir des chiens passer leur temps (je dis bien « passer leur temps », la nuance est capitale !) à aboyer sur d'autres, à courir dans tous les sens, à pousser, à mordre, etc.
Notre rôle dans les interactions canines
En tant que propriétaire, ton rôle est de devenir l’avocat de ton chiot !
Ce n’est pas parce que ton chiot rencontre un autre chien qu’ils sauront communiquer entre eux pour autant !
Car comme toi, ton chiot peut parfois :
Se sentir harcelé.
Avoir le sentiment qu'on n'entend pas sa détresse.
Avoir envie de jouer, puis, dans la seconde d'après, avoir besoin d'espace et de faire autre chose dans son coin
La première fois, Tily a parfaitement répondu et j’ai pu confirmer mes sentiments : Shadok ne voulait pas continuer à jouer.
Deuxième fois j’interromps car le jeu est trop brutal. Tily ne répond pas, alors j’interviens. Comme c’est la deuxième fois que je l’interromps en peu de temps, je lui propose de chercher des friandises dans l’herbe. Son énergie et ses émotions sont trop élevées pour qu’elle puisse recommencer à jouer. Je préfère faire cette pause avant de reprendre la marche.
Sur cette intervention j’ai perdu du temps.
Le droit de ne pas aimer tout le monde
Comme nous, nos chiens ont le droit de ne pas aimer tout le monde.
Lui aussi a le droit d'avoir « ses têtes ».
Sélectionne soigneusement ses partenaires de jeu.
Apprends que toutes les rencontres canines ne doivent pas se transformer en « soirée mousse » . Montre-lui que se promener ensemble en faisant d'autres trucs de chien (comme renifler en marchant tranquillement à la file indienne ou en parallèle), c'est cool aussi.
L’autrice de l’article
Je suis Emilie, comportementaliste et éducatrice canin dans la région d’Annecy. Complici’mots est la fusion de "complicité" et de "mots", parce que j’aime transmettre et expliquer et vous aider à mettre en avant la complicité avec votre chien. J’ai à coeur de vous aider à mettre en place une relation harmonieuse, basée sur le respect et la coopération.
Parce que je suis intimement convaincue qu’il vaut mieux mettre en place tout de suite de bonnes habitudes, j'ai fait le choix de me spécialiser dans l’accompagnement des chiots et chiens de famille. Je propose des cours individuels pour chiots et chiens adultes, des balades éducatives et des ateliers thématiques de prévention à la morsure destinés aux enfants.
Je partage ma vie avec de nombreux animaux de tous poils mais c’est ma chienne Java, berger australien de 10 ans qui m’a poussée à m’intéresser au chien pour mieux le comprendre. Sensible et réactive, elle m’a incitée à me remettre en question jusqu’à en faire mon métier pour transmettre et aider d’autres familles à mieux comprendre leur compagnon.